L’Hermine en avril…

Quand elle fait la folle dans les prés, entre les murets de pierres sèches...

Bien visible au début du printemps lorsqu’elle n’ a pas encore revêtu son pelage d’été, vive et souple, elle court en tous sens, revient sur ses pas, se dresse de toute sa hauteur puis reprend sa course folle, suit une haie ou un muret de pierres sèches, se faufile dans les interstices d’un tas de pierres ou disparaît brusquement dans un trou…

Photos Christophe Chaize.

L’Hermine affectionne les milieux ouverts et dégagés, où subsistent des recoins pour se dissimuler.

La mue de printemps…

C’est l’allongement de la durée du jour qui déclenche la mue.

Les variations de la durée du jour induisent des modifications dans l’activité de l’épiphyse ou glande pinéale, située dans le cerveau. Elle produit de la mélatonine, surtout pendant la nuit. Plus les nuits sont longues, plus la sécrétion de mélatonine est importante. Donc lorsque les jours rallongent la sécrétion de mélatonine diminue.

Ce sont des hormones hypophysaires qui vont provoquer la mue et induire la coloration des poils en agissant sur la production de mélanine.

Pelage d’hiver…
Pelage intermédiaire. Photo Christophe Chaize.
Pelage d’été. Photo Julien Lhoste.

La touffe noire à l’extrémité de la queue la rend bien identifiable en toutes saisons et la distingue de la belette sa cousine qui est plus petite.

Une spécialiste de la chasse aux rats taupiers…

Si elle ne dédaigne pas les oiseaux, les lézards, les grenouilles, la grande spécialité de l’hermine sont les rongeurs qu’elle poursuit et traque jusqu’au fond de leurs galeries et en élimine un grand nombre en une journée, en les stockant au fur et à mesure dans un garde-manger. On estime à 2000 par an le nombre de campagnols tués par une hermine !

Photo Christophe Chaize.

Une hermine pèse entre 90 et 300g.
Le poids d’un rat taupier se situe entre 80 et 180g… et pourtant ce rongeur, de son vrai nom « Campagnol terrestre » est l’une de ses proies favorites.

Il faut dire que les campagnols sont dodus à souhait !
L’hermine transporte des proies parfois plus lourdes qu’elle !

Elle peut se faufiler dans un trou de 4 cm de diamètre, surtout les femelles ; les mâles sont plus gros.

Photo Christophe Chaize.

Les puissants muscles de la nuque lui permettent de dresser le cou en maintenant la tête horizontale. Elle ne paraît guère gênée par le poids et va reprendre sa course à vive allure…

Le décalage entre la mue et l’environnement…

Photo Christophe Chaize. Remarquez le nombre de « taupinières » dans le pré, l’hermine n’est pas là par hasard !

La robe hivernale lui permet de se camoufler dans la neige mais la rend particulièrement vulnérable les hivers, en grande partie sans neige, comme nous les connaissons actuellement, à la merci d’un renard, d’un chat ou même d’une buse, qui par ailleurs ne se prive pour lui voler ses proies…

On constate qu ‘en Europe, dans les régions qui ne sont pas enneigées au moins 40 jours par an, les hermines ne changent pas de couleur en hiver. C’est le cas dans certaines zones du Royaume-Uni par exemple. Il s’agit d’une adaptation évolutive qui va sans doute se répandre.

La sécrétion des différentes hormones qui induisent la mue, ou pas, est contôlée par des gènes.

Si une mutation bloque la mue automnale, les individus restent bruns, ce qui les rend très vulnérables en milieu enneigé. Pourtant cette mutation défavorable va leurs conférer un avantage dans un milieu sans neige. Ils pourront donc se reproduire plus facilement et transmettre la version mutée du gène. Au fil des générations cela peut conduire à moins d’hermines qui blanchissent en hiver.

Toujours chassable ?

Du temps des tsars russes les problèmes de biodiversité n’étaient pas de mise…
Le dénombrement des touffes noires (extrémités des queues) vous indiquera le nombre d’hermines sacrifiées pour la réalisation de ce manteau !

Actuellement en France, si l’hermine n’est plus classée « nuisible » elle reste une espèce chassable en période d’ouverture de la chasse. Allez comprendre !!

Et pour finir une autre hermine :

L’Hermine (Cerura erminea) est aussi un papillon nocturne,de 6 à 7 cm d’envergure, ici au repos sur un poteau, bien visible, à la merci d’un coup de bec gourmand…. Décidément la nature n’est pas parfaite !!

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