Mai 2026

Au mois de mai, sur un versant chauffé par le soleil s’élève, d’un vol rapide et ondoyant un insecte dont les ailes tachées de jaune vif et de noir attirent le regard : c’est un Ascalaphe soufré…
Ou alors vous l’observerez, posé, ailes étalées pour se chauffer au soleil.
C’est l’insecte des versants bien exposés, des pelouses sèches et rases, des landes basses et chaudes…

Il est très présent dans les zones montagneuses et prairiales de la Haute-Loire…
Les vitraux : des ailes transparentes nervurées…

Les ailes sont transparentes et nervurées comme celles des libellules, mais observez les antennes, très longues et terminées en massue …
Les antennes des libellules sont minuscules … et d’ailleurs pas visibles sur la photo !
Et puis ce n’est pas du tout le même milieu de vie !

Le réseau dense de nervures, véritable charpente, renforce la structure de l’aile et contrôle sa flexibilité, jouant un rôle essentiel dans les performances en vol de ces insectes. Certaines d’entre elles contiennent des trachées dans lesquelles circule l’air, d’autres de l’hémolymphe (équivalent du sang) chez les insectes.

Si en plein soleil les ailes sont étalées pour capter la chaleur, en fin de journée, ou par temps couvert les ascalaphes restent posés, les ailes en toit sur le corps, le plus souvent sur une tige de graminée.
Le soufre de l’Ascalaphe soufré…
Les motifs colorés ne viennent pas d’écailles comme chez les papillons, mais de pigments qui se trouvent dans la membrane de l’aile.
La couleur jaune résulte d’un pigment, la sépiaptérine qui se trouve aussi dans la peau de certains poissons et amphibiens.
Si on touche l’aile d’un Ascalaphe, aucune « poudre » ne reste sur les doigts.


Les ailes d’un papillon sont recouvertes de minuscules écailles colorées qui reste sur les doigts lorsqu’on touche l’aile.

La frimousse originale d’un redoutable prédateur…

La barbe de poils cache deux mandibules qui broient mouches et moucherons et autres petits insectes, chassés en plein vol. Pour repérer leurs proies, ils s’appuient sur leurs gros yeux composés qui leur confèrent une remarquable acuité visuelle.
Et dans la même famille…

La « mouche aux yeux d’or » ou chrysope, autre insecte qui, avec l’ascalaphe appartiennent à la famille des ailes nervurées, les Névroptères.
La Chrysope est un prédateur de pucerons, appréciée des jardiniers. Elle cherche volontiers un abri dans nos greniers pour passer l’hiver…
“Le peuple des prés m’enchante. Sa beauté frêle et dépourvue de venin, je ne me lasse pas de me la réciter. Le campagnol, la taupe, sombres enfants perdus dans la chimère de l’herbe, l’orvet, fils du verre, le grillon, moutonnier comme pas un, la sauterelle qui claque et compte son linge, le papillon qui simule l’ivresse et agace les fleurs de ses hoquets silencieux, les fourmis assagies par la grande étendue verte, et immédiatement au-dessus les météores hirondelles… Prairie, vous êtes le boîtier du jour.”
René Char
Quelle beauté fine et délicate !. Comme toujours la nature nous offre un parfait équilibre entre perfection et efficacité.
Je vais essayer de retenir son nom mais ce n’est pas gagné!!!
Bravo pour ces photos magnifiques.
Bonjour Michèle,
Je ne peux pas m’empêcher, en voyant sa bouille moustachue, de penser à Evinrude dans Bernard et Bianca (qui lui est une libellule). C’est un très bel insecte !
-Samuel Bernard-