L’Ephipiggère des vignes…

Criquet, sauterelle ou grillon ?

Octobre 2026

Jusqu’au mois d’octobre et même au-delà si la météo le permet, l’Ephippigère des vignes (Ephippiger diurnus) arpente les hautes herbes et les buissons dans des sites chauds et secs…

Criquet, sauterelle ou grillon ?

Photo Karine Aubouin-Muller

Criquets : – antennes courtes – couleurs variables – stridulations produites par frottement des pattes contre les ailes

Photo Karine Aubouin-Muller

Sauterelles : – antennes très longues – corps souvent vert ou brun – stridulations produites par frottement des ailes

Photo sucs-nature

Grillons : – antennes assez longues – corps généralement trapu, brun ou noir – stridulations produites par frottement des ailes

L’éphipiggère est une sauterelle…

L’éphippigère ne ressemble pas vraiment à la grande sauterelle verte aux longues ailes mais avec ses très longues antennes elle fait partie de la même famille. C’est une sauterelle qui ne vole pas et se déplace très lentement. En effet les ailes sont atrophiées et recouvertes par une structure en forme de selle..

Photo sucs-nature

Ephipiggère mâle : l’extrémité de l’abdomen est muni de deux appendices, les cerques. Le mot « éphippigère » vient d’une latinisation du grec ancien qui signifie « qui porte une selle ».

Photo Jean-Pierre Boulhol

Ephippigère femelle : l’extrémité de l’abdomen, comme chez les autres sauterelles femelles, est muni d’une sorte de sabre impressionnant. Il s’agit de l’organe de ponte appelé oviscapte. La coloration de l’abdomen est très variable, couvrant la palette des verts plus ou moins foncés.

Voici la description que fait de cet insecte l’entomologiste Jean-Henri Fabre à la fin du XIXème siècle :

Des moeurs sexuelles assez bizarres…

Au cours de l’accouplement le mâle dépose un spermatophore à la base de l’oviscapte, au niveau de l’orifice génital de la femelle : c’est une masse gélatineuse blanchâtre entourant des nodules contenant les spermatozoïdes. Puis s’éloigne prestement… on n’est jamais trop prudent ! En effet :

Photo sucs-nature

Femelle avec un spermatophore accroché à la base de l’oviscapte.

« La future mère erre d’un pas grave avec son fardeau … de temps à autre elle se boucle en anneau, elle saisit des mandibules son faix opalin … en détache une parcelle qu’elle mâche, remâche avec lenteur et finit par avaler … L’énorme morceau est finalement dégluti sans résidu. » (J-H fabre)

La femelle consomme la masse gélatineuse pendant que les spermatozoïdes contenus dans les nodules migrent vers les voies génitales, où ils iront féconder les ovules. Il n’est pas exclu que quelques spermatozoïdes soient engloutis lors du festin de madame !

Les acides aminés contenus dans la masse gélatineuse semblent essentiels à la fécondité de la femelle.

La croissance par stades successifs…

Quelques jours après l’accouplement la mère commence la ponte : elle implante verticalement l’oviscapte dans le sol jusqu’à la base et libère les œufs sous terre où ils passeront l’hiver. Les œufs éclosent vers le mois de mai. Naissent alors des mini éphippigères qui vont subir 6 mues successives jusqu’au stade adulte qu’on ne verra pas avant juillet-août.

Photo Guillaume Aulagnier
Photo Karine Aubouin-Muller

Deux femelles immatures à deux stades différents.

L’oviscapte grandit progressivement. Les ailes ne sont pas encore développées. Seuls les individus issus de la dernière mue possèdent des organes sexuels fonctionnels.

Sources :

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