L’opale résinite à l’affleurement…




Elle constitue des masses importantes, parfois de plusieurs dizaines de mètres dans le sous-sol.
Cette opale est une roche parfaitement lisse, sans grain, de couleurs variables. Les teintes dominantes sont les blancs, les gris, les beiges. Elle doit son nom à son éclat gras qui peut évoquer la cire ou la résine.
Silice cristallisée, silice amorphe…
Comme le quartz, l’opale est formée essentiellement de silice SiO2 mais elle n’est pas cristallisée : on dit qu’elle est amorphe.
Le plus souvent dans les roches on trouve la silice sous forme de cristaux de quartz plus ou moins bien formés.
Un cristal possède une organisation interne régulière et ordonnée des atomes qui le constituent.


Lorsque la croissance d’un cristal de quartz est suffisamment lente et régulière, dans un espace suffisant pour qu’il puisse développer ses faces cristallines, il exprime alors sa forme géométrique caractéristique de prisme allongé qui se termine par une pointe formée de plusieurs faces.

Partie supérieure d’un cristal de quartz géant.
Géoscope de l’aire de repos de la Lozère, sortie 32 sur l’A75. Photos sucs-nature.
Ci-contre : Veine de quartz dans une roche.
La silice est cristallisée mais les cristaux ont des formes irrégulières, leur croissance a été gênée par celle des cristaux voisins.



Comment se forme l’opale ?
L’opale se forme à partir de circulations d’eaux souterraines contenant de la silice dissoute. Lorsque les conditions sont favorables la silice se dépose sans avoir le temps de développer un réseau cristallin stable.
Les masses d’opale sont localisées dans les sédiments qui ont comblé le lac du maar de Saint-Pierre-Eynac.
Voir article : Le lac de Saint-Pierre-Eynac https://sucs-nature.fr/le-lac-de-saint-pierre-eynac/
Origine hydrothermale…
L’explication jusqu’alors couramment admise par les géologues relie la présence d’opale au volcanisme et à une activité hydrothermale au fond du lac : L’eau, qui circule en profondeur dans les fractures des roches, dissout de la silice d’autant plus facilement qu’elle est chaude. Lorsque le lac se forme dans le cratère la phase explosive du maar est terminée mais des eaux très chaudes sont encore disponible en profondeur. Le refroidissement près de la surface et la baisse de pression provoque le dépôt de l’opale.
Origine phréatique …
L’ explication précédente est remise en cause par une étude détaillée dans le cadre d’une opération de recherche archéologique en 2014 (voir ci-dessous) . Pour ces chercheurs l’étroite association des opales avec les dolomies (roches sédimentaires carbonatées du comblement du lac) évoque plutôt un remplacement progressif des dolomies par la silice et propose une origine phréatique et non hydrothermale, sans lien avec le volcanisme.
Il s’agit toujours d’eaux souterraines contenant de grandes quantités de silice dissoute qui vont imprégner les roches sédimentaires et s’infiltrer dans les pores et les fissures. Les changements des conditions physiques et chimiques liées aux variations du niveau de la nappe peuvent entraîner une précipitation de la silice qui va progressivement remplacer les roches d’origine et former une dalle qu’on appelle « silcrète ».
Un atelier préhistorique …
Au cours de cette opération de recherche archéologique la découverte de nombreux éclats caractéristiques a permis de montrer une utilisation régulière du site par les hommes préhistoriques pendant tout le Paléolithique pour le débitage sur place des blocs d’opale.

Pointe en opale résinite préparée selon une méthode de taille caractéristique du Paléolithique moyen (débitage Levallois).
Au cours de fouilles archéologiques, des outils en opale résinite ont été découverts dans d’autres sites à proximité du gisement de Saint-Pierre-Eynac, dans les grottes de Peylenc et à proximité de Blavozy. Les outils plus ou moins façonnés étaient donc transportés et il n’est pas exclu qu’ils aient voyagé bien au-delà de la frontière départementale au gré des déplacements humains.
Sources :
– Groupe Géologique de la Haute-Loire : Zircon no 3 – 1984 Etude sur le gisement d’opale de Saint-Pierre-Eynac, J-N Borget.
– Notice de la carte géologique du BRGM Feuille d’Yssingeaux.
– Espaces et subsistance au Paléolithique moyen dans le sud du massif Central. 2014 Volume 2, J-P Raynal, R. Wragg-Sykes, E. Defive et autres….